La Région Grand Est : « EST-traordinaire » en vitrine, « EST-révoltante » pour ses agents !
Pendant que notre collectivité inonde notre territoire d’une campagne publicitaire à près d’un million d’euros pour vanter une région « EST-traordinaire », la réalité vécue par les agents de la collectivité se heurte à un mur de mépris. Derrière les sourires surjoués placardés sur les abribus, se cache la détresse silencieuse de celles et ceux qui font tourner nos lycées et nos sites administratifs.
Lors de la réunion de la F3SCT du 9 juin dernier, l’administration a fait tomber le masque. Face à un bilan annuel des Assistants Sociaux du Travail (AST) proprement alarmant, la Direction a osé annoncer verbalement une baisse inacceptable de 10 000 € du budget du fonds social de la Région.
Leur communication vs. Notre réalité : le jeu des 3 erreurs
- « La Région donne de l’élan » ? Surtout vers la précarité ! L’exécutif se vante d’accompagner financièrement les entreprises, mais laisse ses propres agents sombrer. La CGT dénonce depuis des mois cette réalité insoutenable : nos collègues travaillent, mais n’arrivent plus à vivre dignement et doivent faire appel à l’aide sociale pour se loger ou se nourrir. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’année dernière, 47 700 € ont dû être débloqués pour répondre à la détresse financière de nos collègues, sur une enveloppe totale de 50 000 €, soit 95 % du fonds social.
Cette précarité frappe de plein fouet l’ensemble des personnels, puisque 74 % des demandes d’aide proviennent des agents des lycées et 26 % des agents administratifs. Pourtant, en bilatérale au mois de janvier dernier, alors que la CGT alertait sur la gravité de la situation, dénonçant le fait que des collègues en sont réduits à sacrifier leur complémentaire santé ou leur prévoyance pour simplement pouvoir se nourrir, le DGS s’était formellement engagé à doubler ce budget si nécessaire. Aujourd’hui, les chiffres prouvent que nous y sommes, et la réponse de l’administration est de renier sa parole en sabrant cette aide vitale de 10 000 € ! C’est une honte absolue.
- « La santé se rapproche de tous » ? Sauf de ceux qui font tourner la Région ! Sur les affiches, on saute de joie dans les prés. Dans les faits, les conditions de travail de l’ensemble des agents de la collectivité se dégradent à vue d’œil. Usure physique grandissante sur le terrain pour maintenir nos lycées en état, pression croissante et réorganisations incessantes dans les services administratifs… l’épuisement est général. Et face à cette souffrance, notre Service de Prévention et de Santé au Travail (le plateau médical), censé nous protéger, est en plein naufrage. Turn-over constant des médecins et infirmiers livrés à eux-mêmes, au point de devoir transporter des vaccins dans leurs glacières personnelles sans aucun dispositif sécurisé ! Pire encore : les professionnels qui osent alerter sur ces dysfonctionnements se retrouvent placardisés ou voient leur détachement refusé. Avec 189 interventions des assistants sociaux directement liées à la santé et à la souffrance au travail cette année, c’est l’intégrité physique et mentale des agents qui est aujourd’hui gravement compromise.
- « Un bond pour vos trajets » ? Sauf quand les agents font la banque ! Sur les murs de nos gares, on nous vend 30 % de trains en plus. Mais dans les faits, l’administration ne fait aucun effort pour adapter nos emplois du temps afin que nous puissions, nous aussi, bénéficier de cette formidable offre ferroviaire et ne plus avoir besoin de faire le plein de la voiture ! Face à l’explosion des prix du carburant et au choix assumé du Président de ne pas participer aux frais de transport (rejetant d’un revers de main le versement d’une prime de mobilité réclamée par la CGT lors du CST de mars dernier), des collègues ont simplement demandé d’ajuster leurs horaires pour pouvoir prendre le train. Réponse de la Région ? Un refus catégorique.
Le seul « bond » que nous faisons, c’est celui de notre découvert bancaire. Pannes de la plateforme Travel Planet, cartes carburant Greenway bloquées : quand la Région vous envoie en mission, c’est à vous de faire l’avance ! Vous puisez dans vos deniers personnels et attendez des semaines pour être remboursés. L’employeur se sert de notre trésorerie pour pallier ses propres défaillances.
La CGT dénonce cette hypocrisie insupportable. On ne soigne pas la souffrance au travail, la perte du sens du service public et la précarité généralisée avec des jeux de mots à prix d’or.
Notre syndicat continuera de se battre au quotidien pour que la considération de l’employeur ne s’arrête pas aux slogans de ses campagnes publicitaires, mais se traduise par des actes concrets et un véritable respect de ceux qui font fonctionner le service public. Nous n’accepterons plus que les agents soient la variable d’ajustement d’une politique déconnectée de la réalité du terrain.
L’argent coule à flots pour la vitrine publicitaire. Il doit aussi exister pour la protection, la santé et la dignité des agents de la Région Grand Est.
