Retour sur le CST du 22 juin 2026
« Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas… »
Vous connaissez peut-être cet adage des pêcheurs quand ils sont sur le point de rentrer bredouille. Lors du dernier CST, l’ensemble des organisations syndicales sont rentrées bredouille de toutes les demandes de « mesures exceptionnelles » faites au Président Leroy compte tenu de la conjoncture.
Dès son propos liminaire le Président a balayé l’ensemble des demandes en omettant de rappeler (sciemment ?) la première d’entre elles, celle faite par la CGT dès le 26 mars concernant une prime exceptionnelle pouvoir d’achat et mobilité.
En effet lors de l’avant dernier CST, nos dirigeants avaient rejeté notre demande au prétexte que la crise pétrolière n’allait pas durer. Visiblement il y a ici, pour le moins, un manque de vision.
Depuis, les autres organisations syndicales sont montées au créneau sur cette nécessité d’un coup de main pour les agents de la collectivité dans cette période particulière.
Ainsi la demande de FO concernant une prime carburant, pourtant sagement étayée par un article de loi pêché dans l’arsenal législatif du code du travail, a également été rejetée par le Président Leroy au motif qu’elle était inapplicable. Une explication très savante dont nous avons oublié la teneur a largement étayé ce refus.
Celles de la CFTC et de l’UNSA, consensuelles comme il est de haute tradition dans ces syndicats, concernant 2 jours de télétravail en plus dans le mois pour la CFTC ou de porter à 100 jours par an les jours télétravaillés pour l’UNSA et d’accorder la gratuité de 2 repas de cantine pour les agents des lycées par semaine ont également été jugées irrecevables avec des arguments tout aussi byzantins.
L’impossibilité de garantir une égalité de traitement entre les agents semble avoir guidé ces refus. On imagine que le dilemme a dû être terrible : aider ou ne pas aider les agents dans ces moments difficiles ? Les jours de télétravail constituent-ils une égalité parfaite avec des jours gratuits de cantine (2,80 euros le repas) ?
On imagine bien les discussions difficiles et interminables autour de ces sujets, finalement ce qui a été choisi c’est le rien. « On ne pourrait rien faire », il n’y aurait aucune autre alternative que de laisser les agents à leur sort.
Le 22 juin lors de ce CST, ce n’était pas un homme politique que nous avions en face de nous mais un spécialiste du droit administratif, un DGS bis qui envoyait arguments et contre arguments administratifs pour exprimer de manière alambiquée un refus pur et simple de faire quoique ce soit pour aider les agents de la collectivité à traverser cette passe difficile.
Ainsi à plusieurs reprises a-t-il invoqué le fait qu’aucun cadre législatif ne lui permettait de donner un coup de main aux agents de la collectivité qu’il préside.
On pourrait en conclure que le Président n’agit que s’il est contraint de le faire. Cela pourrait donner à réfléchir aux organisations syndicales si elles daignaient prendre l’exacte mesure de ce à quoi nous avons à faire.
En effet les politiques menées ces dernières années nous ont habitué à ce genre d’attitude méprisante masquée sous des arguments législatifs et financiers. Les urgences surchargées ? La justice et la police indigentes ? L’éducation nationale en perdition ? La nourriture contaminée aux pesticides ?
Les réponses à ces questions nous disent en gros qu’il faudrait fixer un jour d’autres cadres et que les moyens manquent pour bien s’occuper des êtres humains.
A ce genre d’argument méprisant et vide de vision politique, il faut opposer l’action collective avec des revendications claires.
Le politique devrait être au service des citoyens et pas l’inverse, les moyens publics doivent servir les citoyens d’abord. En fin de compte, avec ces refus, le Président Leroy fait bien de la politique, en effet, donner un coup de pouce aux agents ou aux salariés est très mal vu dans sa famille politique. C’est comme les licenciements dans les grandes entreprises, plus ça licencie plus la valeur en bourse grimpe. Un ancien Président du Grand Est nous l’avait dit : « vous augmenter va me coûter politiquement ».
De notre point de vue, la seule famille « politique » d’une femme ou d’un homme politique devrait être les citoyens, les 7500 agents de la collectivité sont un panel très représentatif de la population du Grand Est beaucoup plus qualitatif que n’importe quel panel de sondage. Cela devrait parler à quelqu’un qui a pour ambition de se soumettre au suffrage de ses concitoyens.
Quelles priorités servent nos dirigeants ? Quels maîtres ? La conjoncture économique, le dérèglement climatique, nos conditions de vie en général vont encore se dégrader. Sur qui pouvons-nous compter pour agir pour nous et pas contre nous ?
