Canicule à la Région Grand Est : l'éxécutif brasse de l'air, les agents surchauffent !
La CGT tient avant toute chose à exprimer son entière solidarité et son soutien aux collègues ayant dû subir la fournaise dans les locaux de la Région ou sur leur lieu de travail ces derniers jours. Avec le passage en vigilance rouge canicule et des pointes annoncées à plus de 40°C sur la Région, venir travailler s’est transformé pour beaucoup en une véritable épreuve physique.
Le télétravail comme bouée de sauvetage
Le lundi 22 juin, un mail de notre DRH annonçait le déploiement du “Plan de gestion des températures extrêmes”. Les grandes mesures pour nous protéger ? La possibilité de “privilégier le télétravail jusqu’à 3 jours par semaine” ou “démarrer votre journée de travail dès 7h du matin “. Autrement dit, la Direction nous offrait généreusement ce qui est déjà la norme habituelle de la collectivité !
Aucun effort supplémentaire n’a été fait pour les personnes ne pouvant pas télétravailler, que ce soit par contrainte professionnelle ou pour des raisons personnelles. Ces collègues ont donc été purement et simplement condamnés à subir la fournaise de leur lieu de travail pendant au moins deux jours dans la semaine.
Silence radio et rumeurs de couloirs en guise d’organisation
Lorsque la préfecture a déclenché l’alerte rouge, que s’est-il passé ? Rien.
Le propre plan de la Région stipule pourtant noir sur blanc qu’en vigilance rouge, une “communication renforcée” doit être activée pour rappeler les bonnes pratiques. Au lieu de cela : aucune communication de la direction générale par mail. Juste un message sur Cl’est, noyé en deuxième position sur un carrousel qui compte 11 actualités ! Les bandeaux d’alerte, si souvent dégainés pour diffuser des messages institutionnels, n’ont même pas été utilisés pour transmettre des consignes de sécurité complémentaires.
Le plan prévoit également de “réserver des zones rafraîchies ou climatisées […] et organiser leur usage”. Dans les faits, les agents ont été livrés à eux-mêmes. Des salles ont-elles été aménagées en urgence ? C’est le grand mystère, puisqu’aucune communication n’a été réalisée pour les localiser !
Pour toute consigne, les agents ont dû se contenter de rumeurs de couloir les invitant à migrer vers d’autres sites prétendument plus frais. Mais dans quelles conditions ? Devait-on débarquer à l’aveugle, s’imposer dans les espaces des collègues et espérer trouver une chaise vide ? Il n’y a eu aucune consigne claire ni aucun pilotage.
La réalité sur le terrain
Pour les sites administratifs, l’hôtel de Région de Metz a été particulièrement affecté par l’absence totale de protection solaire efficace, transformant certains bureaux en étuves. Les températures intérieures y ont largement dépassé les 33°C, seuil pourtant identifié par les documents de prévention de la Région comme un critère d’alerte justifiant des aménagements horaires « sur décision de la Direction générale ». Là encore, le silence.
Dans ces locaux trop chauds, on a laissé les agents se débrouiller avec des ventilateurs. Pourtant, de nombreuses études et documents institutionnels expliquent qu’au-delà de 35°C, un ventilateur devient contre-productif et peut même réchauffer l’organisme au lieu de le refroidir.
Dans les lycées, le constat est tout aussi accablant. Les horaires ne sont pas forcément adaptés à la canicule et les collègues occupent des postes d’une pénibilité extrême. On pense notamment aux cantines, où la chaleur écrasante se mêle à une forte humidité. Pour ces agents, demander à l’encadrement de “faire preuve de souplesse” relève de l’incantation vide de sens.
La sensibilisation n’a d’ailleurs été que partiellement efficace, comme en témoignent les demandes adressées à certains personnels des lycées pour la préparation de visites de sites.
Être responsable, la solution !
Pendant que les agents suffoquent, le Président de la Région préfère soigner son image sur le réseau social LinkedIn. Il y déclare : “La vraie réponse, c’est d’adapter nos bâtiments, protéger la ressource en eau, végétaliser nos villes et accélérer la transition énergétique. En Région Grand Est, nous avons fait ce choix depuis des années. Les responsables traitent les causes. Les démagogues exploitent les conséquences.”
Le Président fait ici un magnifique exercice d’acrobatie sémantique. Car selon que l’on comprend le mot “responsable” comme celui qui fait preuve de sagesse ou celui qui est à l’origine du problème, le traitement des causes n’a pas la même saveur !
Et s’il est vrai que les démagogues exploitent la situation, ce sont surtout les agents qui en subissent les conséquences. En restant sur le terrain sémantique de la responsabilité : il en existe une troisième définition, celle se rapportant au devoir. La Région est responsable en tant qu’employeur, et elle a le devoir absolu de préserver la santé et la sécurité de ses propres agents !
Pourtant, face à cet épisode, l’impréparation, le manque de solutions concrètes et le défaut de communication sont les réalités que les collègues ont trouvées sur le terrain.
La belle vitrine de la transition écologique se fissure dès qu’il s’agit de protéger la santé et les conditions de travail des agents de la Région.
À la CGT, nous exigeons des actes concrets : l’adaptation réelle de nos bâtiments et de véritables protocoles d’urgence opérationnels, pas de vains discours !
