Canicules et changement climatique

Canicules et changement climatique : il faut transformer l’organisation du travail en donnant davantage de pouvoir à celles et ceux qui connaissent le travail réel.
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Face aux canicules et aux effets du changement climatique, protéger les salarié·es ne peut plus se limiter à des mesures d’urgence.

Tribune de Caroline Blanchot, secrétaire générale de l’Ugict-CGT, à lire en entier ici.

« Nos organisations du travail ont été conçues pour un climat qui n’existe plus »

C’est le constat de départ posé par Caroline Blanchot. Avec la multiplication et l’intensification des épisodes de fortes chaleurs, les conséquences du changement climatique sont désormais directement perceptibles dans le quotidien professionnel.

Horaires, bâtiments, équipements, rythmes ou objectifs de travail : l’ensemble de l’organisation du travail est concerné.

La réponse ne peut donc plus consister uniquement à prendre quelques mesures lorsque le thermomètre s’affole. La multiplication des canicules oblige à anticiper et à transformer durablement le travail.

Canicule au travail : partir de l’expérience des salarié·es

Face aux fortes chaleurs, les premières et premiers expert·es sont celles et ceux qui travaillent. Fatigue, difficultés de concentration, équipements de protection difficiles à supporter, locaux surchauffés, gestes plus pénibles, risques d’accident : les salarié·es connaissent concrètement les effets de la chaleur sur leur activité.

Cette connaissance du travail réel doit être prise en compte dans les décisions. Pour Caroline Blanchot, l’enjeu est de « redonner du pouvoir à celles et ceux qui connaissent le travail réel ».

Recueillir la parole des salarié·es et identifier collectivement les situations dangereuses permettent ainsi de construire des revendications sur les horaires, les effectifs, les équipements, les bâtiments ou encore l’organisation de l’activité.

Donner plus de pouvoir aux salarié·es sur l’organisation du travail

L’adaptation au changement climatique pose donc une question centrale : qui décide des conditions dans lesquelles le travail peut continuer à être réalisé ?

Pour Caroline Blanchot, les salarié·es et leurs représentant·es doivent pouvoir peser davantage sur les décisions qui déterminent leurs conditions de travail. Cela suppose notamment de renforcer les pouvoirs en matière de santé et de sécurité au travail, mais aussi la capacité à contester des choix qui exposent les salarié·es.

La secrétaire générale de l’Ugict-CGT défend notamment un « droit de refus et de propositions alternatives » lorsque les conditions ne permettent plus de garantir la sécurité.

Ne pas faire des salarié·es les « fusibles » de l’impréparation climatique

La question concerne particulièrement les cadres et professions intermédiaires, souvent chargé·es de faire appliquer des décisions prises ailleurs tout en assumant la responsabilité de la continuité de l’activité et de la sécurité des équipes.

Face au changement climatique, cette contradiction peut devenir intenable. Caroline Blanchot alerte sur le risque de voir ces salarié·es devenir les « fusibles » de l’impréparation des organisations.

Adapter le travail suppose donc aussi de rediscuter les responsabilités, les moyens disponibles et le pouvoir réel de décision de celles et ceux qui organisent quotidiennement l’activité.

Adapter le travail au climat : un enjeu syndical

La canicule révèle finalement une question beaucoup plus large. Incendies, inondations, sécheresses ou autres événements climatiques extrêmes auront des conséquences croissantes sur le monde du travail.

Pour la CGT, il ne s’agit pas de demander aux salarié·es de s’adapter toujours davantage. L’enjeu est de leur donner les moyens d’agir collectivement sur les choix qui déterminent leur travail.

Comme le résume Caroline Blanchot, face au changement climatique, il est temps de « transformer la gouvernance du travail ».

Répondre à l’enquête Canicule : comment travaillez-vous pendant les fortes chaleurs ? https://syndicatcgt.fr/enquete/index.php/279231?lang=fr

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