Liminaire prononcé par la CGT lors du CST du 26 mars 2026

« Monsieur le Président,

Nous ouvrons ce Comité Social Territorial avec la responsabilité de porter la voix de l’ensemble des agents de notre collectivité, qu’ils exercent leurs missions au sein des services administratifs ou au cœur de nos lycées. 

Notre rôle, en tant que représentants du personnel, est de vous alerter d’une réalité de terrain qui se dégrade avec une alarmante rapidité et qui impose aujourd’hui un constat de rupture.

L’inflation que nous traversons n’est plus un simple indicateur économique, c’est une réalité sociale qui force les agents à des arbitrages vitaux. Nous sommes directement alertés par des collègues qui, étranglés par l’explosion des coûts du quotidien, font, dans certains cas, le choix de résilier leurs contrats de complémentaire santé ou de prévoyance afin de pouvoir simplement vivre. 

Ce renoncement à la protection sociale est un signal d’alarme majeur. 

En abandonnant leur prévoyance pour pallier l’urgence immédiate, ces agents se retrouvent sans aucun filet de sécurité face au risque de perte de salaire en cas de congé de longue maladie. Notre collectivité ne peut ignorer cette précarité croissante.

À cette détresse s’ajoute aujourd’hui le mur de la mobilité. Le contexte international provoque une nouvelle flambée des prix des carburants, transformant le simple fait de se rendre sur son lieu de travail en une charge financière difficile à supporter. Pour de nombreux agents pour qui l’usage du véhicule personnel est une nécessité absolue faute d’alternatives, le coût du trajet pèse désormais de manière disproportionnée sur un reste à vivre réduit à néant.

Nous avons conscience des contraintes budgétaires qui pèsent sur les collectivités. Pour autant, l’équilibre financier ne peut s’envisager sans prendre en compte la viabilité sociale de notre collectivité. L’incapacité pour des agents de maintenir leur protection face aux aléas de la vie, ou d’assumer le coût de leurs déplacements professionnels, crée mécaniquement une vulnérabilité pour notre collectivité. Garantir la sérénité et la mobilité des personnels est une condition indispensable pour préserver la qualité du service public que nous rendons aux citoyens du Grand Est.

C’est pourquoi nous vous demandons d’étudier la possibilité d’augmenter les salaires des agents d’une manière ou d’une autre, et ce, même si cela doit passer par la mise en place d’une aide exceptionnelle à la mobilité. 

Ce dispositif doit soutenir financièrement les agents face à l’envolée des prix à la pompe, afin qu’exercer leurs missions ne devienne pas une source d’endettement personnel. Monsieur le Président, le budget de la Région doit servir en priorité ceux qui en sont le moteur quotidien. Nous attendons un signal fort qui place l’humain et la pérennité de nos services au sommet des priorités.»

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