Pôle médical de la Région Grand Est en très mauvaise santé
Le plateau médical connaît un périmètre de travail instable et une organisation inadaptée. Malgré les interpellations de la CGT depuis plus d’un an, aucune clarification n’a été apportée quant aux interactions avec les autres services liés à la santé au travail, qu’il s’agisse du Pôle Congés Spéciaux de Maladie, du Pôle Médico-social et du service de la Qualité de Vie au Travail.
Les méthodes de travail n’ont jamais été abordées et nombre de dispositifs concourent à rompre le secret médical. Les professionnels de santé sont mis en difficulté.
Dans l’organigramme daté d’octobre 2025, le service apparaît noyé dans une chaîne hiérarchique pouvant aller jusqu’à six ou sept niveaux. Comment garantir dans ces conditions la lisibilité, la qualité et l’indépendance d’un service dont la mission repose sur la confidentialité, la prévention et l’éthique médicale ?
Défaut de pilotage, isolement et turn-over médical permanent
L’équipe du plateau médical est livrée à elle-même et fragilisée par un turn-over médical constant. Depuis plusieurs années, les médecins de prévention se succèdent. Les départs, les vacances de postes, les intérims, les vacations accroissent les défauts d’organisation. A ce jour, il ne reste qu’un seul médecin.
Au-delà du turn-over, les infirmiers et agents du plateau sont isolés, sans protocole, sans harmonisation des pratiques et sans organisation des applications numériques nouvellement achetées. Ils sont souvent livrés à eux-mêmes en termes de moyens.
Au-delà du manque de postes pour la mission d’assistant administratif. La qualité d’assistant médical est à mettre en place pour respecter le secret médical même au sein du service.
Il est certain pour la CGT que l’absence de pilotage du service en termes d’organisation du travail est la première cause des difficultés que rencontrent les personnels.
Dégradation des conditions de travail et situations individuelles alarmantes
Les situations problématiques sont trop souvent niées, minimisées ou sanctionnées, à l’image du traitement injuste subi par plusieurs agents, aujourd’hui fragilisés :
Les conditions de travail se sont dégradées. Les agents doivent composer avec un nomadisme imposé sans logique territoriale cohérente et des secteurs démesurés, notamment dans les zones rurales, montagneuses ou isolées
Les infirmiers doivent souvent refaire, défaire ou adapter leurs dossiers à chaque changement de médecin.
Il existe une absence d’harmonisation des fiches de suivi, des protocoles inexistants entre médecins, infirmiers et assistants, des refus ou blocages récurrents concernant des formations essentielles, et l’absence de prise en compte de leur propre médecine préventive, les mettant dans une situation inadmissible.
Bien trop souvent les directives sont données par des tiers.
Un point particulièrement inadmissible concerne la gestion du transport des vaccins, notamment contre la grippe : ce sont les infirmiers qui doivent aller eux-mêmes les récupérer à Nancy, parfois avec leurs propres moyens, dans des glacières inadaptées, et sans aucun dispositif sécurisé prévu par l’employeur. Nous demandons que le dispositif soit soumis à la consultation à la fois du CST et de la F3SCT.
Une collègue a fait l’objet d’un refus de renouvellement de détachement parce qu’elle a eu le malheur d’alerter sur ces difficultés.
A ce jour, pour les mêmes raisons, nous avons des collègues qui se retrouvent placardisés. Face à un manque de moyens, face à des conditions de travail non-sécurisées, les questions sont évacuées sans répondre à ses difficultés. Il est urgent, que la Direction Générale donne des moyens véritables pour acheminer les vaccins et les stocker. Nous dénonçons le refus d’établir le planning de ses visites en lien avec un médecin. Tout cela entrave leurs missions.
Un service essentiel maltraité : les exigences fermes de la CGT
Le plateau médical est un service essentiel, mais maltraité. Il réalise un travail immense, avec des centaines de visites annuelles, entre visites périodiques, visites spéciales, accompagnements et actions de prévention. Pourtant, aucune réflexion sérieuse n’a été menée pour ajuster les moyens humains, organiser les priorités ou garantir un cadre de travail sécurisé et conforme au droit.
Face à cette situation, la CGT exige aujourd’hui l’ouverture d’un groupe de travail en F3SCT et en CST dédié à la réorganisation du plateau médical, la garantie d’une indépendance fonctionnelle réelle du service de Santé au Travail vis-à-vis de la DRH, l’harmonisation des pratiques professionnelles et des fiches de suivi, la définition claire des périmètres et responsabilités entre médecins et infirmiers ainsi que la mise en place urgente de protocoles, l’éthique professionnelle et le droit du travail. Afin de garantir le secret médical nous demandons la qualification des assistants administratifs en assistants médicaux.
Nous demandons que ce sujet soit inscrit à l’ordre du jour de la F3SCT et du CST pour avis, et non traité en points divers. Il est aussi urgent de programmer des visites F3SCT sur l’ensemble des sites relevant du plateau médical.
Nous demandons également un plan de prévention des risques psychosociaux spécifique au plateau médical, et la mise en place immédiate d’une procédure réglementaire pour le transport et la gestion des vaccins, incluant des moyens adaptés fournis par l’employeur.
Afin d’assurer pleinement le suivi médical des agents, la CGT demande que le plateau médical soit renforcé en moyens humains et plus particulièrement par des assistants médicaux et des infirmiers.
Nous voulons un service de proximité afin que les infirmiers et les médecins soient au plus proche des agents.
Les personnels du plateau médical ne peuvent plus attendre. Ils se sentent isolés et méprisés, alors même qu’ils protègent la santé de l’ensemble des agents de la Région. Cette situation n’est plus tenable.
La CGT demande aujourd’hui des réponses concrètes, un engagement clair et des actions immédiates et elle sera particulièrement vigilante à ce que les droits des agents, leur dignité et leur santé soient enfin respectés. »
