Région Grand Est • Action Syndicale

Déclarations d’amour en vidéo du président Franck Leroy : les agents du Grand Est attendent maintenant des preuves !

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Dans une vidéo adressée aux agents de la Région Grand Est, le Président du Conseil Régional a multiplié les marques de gratitude, saluant le « dévouement », le « professionnalisme » et le « sang-froid » des équipes face aux violences récentes.

Il salue le « professionnalisme » et le « sang-froid » des collègues, notamment dans les lycées et affirme voir l'engagement de chacun, « entendre » les colères et « croire » au service public.

« Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour »

Si la CGT s'associe sans réserve au soutien exprimé envers les collègues heurtés ou blessés, un constat s'impose : « Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour ». Or, d'actes concrets pour les 7 500 agents de la collectivité, il n'y en a aucun. Pire, dans cette période difficile, ils ont été méthodiquement refusés.

« Continuer à tenir » : jusqu'à l'épuisement ?

Pendant que la présidence distribue les bons points sur les écrans, la CGT alerte depuis des années l'employeur sur des signaux d'alarme majeurs mettant en danger la santé des agents.

Entendre l'exécutif nous demander de « continuer à servir » et de « continuer à tenir » résonne comme un aveu d'impuissance, voire de déni. Les agents de la Région Grand Est ne se contentent pas de « tenir » : ils craquent.

Dans les lycées, sur les routes, dans les transports, les Maisons de Région ou les services administratifs, le quotidien des personnels est marqué depuis trop longtemps par un sous-effectif chronique et une surcharge de travail permanente : des postes vacants non pourvus et des non-remplacements systématiques lors des congés maladie ou des départs.

Demander aux équipes de « faire vivre la République » sans leur en donner les moyens matériels et humains relève de l'illusion.

La reconnaissance ne se nourrit pas de vidéos

Monsieur le Président affirme « voir cet engagement » et « croire en nous ». Fort bien. Mais la reconnaissance de la collectivité ne peut pas se limiter à un discours enregistré depuis un bureau feutré : elle doit se traduire par des actes concrets et immédiats sur le terrain. Faire vivre le service public et garantir un cadre « sûr et serein » pour les usagers comme pour les personnels exige des arbitrages budgétaires et politiques courageux.

Comment le Président Leroy répond-il aujourd'hui à la détresse des équipes ? Il suffit de regarder le bilan du Comité Social Territorial du 22 juin. Face à une inflation galopante qui ronge notre pouvoir d'achat, l'ensemble des organisations syndicales est rentré bredouille. Là où les agents attendaient un signal fort, l'exécutif s'est retranché derrière un arsenal de verrous administratifs pour opposer un refus systématique :

  • Prime pouvoir d'achat et mobilité réclamée par la CGT dès le 26 mars ? Balayée d'un revers de main, au prétexte initial que la crise des carburants « n'allait pas durer ».
  • Prime carburant ? Déclarée « juridiquement inapplicable ».
  • Aménagements du télétravail ou gratuité de deux repas de cantine par semaine pour les agents des lycées ? Rejetés au nom d'une prétendue « rupture d'égalité ».

Pourtant, s'abriter derrière l'absence de cadre réglementaire est un leurre : le Président a le pouvoir de décider. Être à la tête d'une grande région, ce n'est pas commenter les difficultés face caméra en se muant en juriste tatillon pour justifier l'inaction. C'est faire des choix. C'est utiliser les leviers budgétaires et le statut de la fonction publique pour protéger ceux qui font tourner la collectivité.

Reconnaître ses agents ne passe pas par des flatteries virtuelles : cela passe par une revalorisation des régimes indemnitaires, des aides d'urgence face au coût de la vie et le respect de notre santé au travail. La balle est dans le camp de l'exécutif : monsieur le Président, passez de la parole aux actes !

7 500 Agents de la collectivité sans acte concret
2 600 Signatures d'agents pour la prime

Assez de discours : des actes, des effectifs, du salaire !

Les agents du Grand Est ne paient pas leurs factures avec des remerciements vidéo, et ils ne préserveront pas leur santé avec de la compassion. La CGT exige immédiatement :

  • Une aide concrète au pouvoir d'achat.
  • Un plan d'urgence de recrutements statutaires dans les lycées, sur les routes et dans tous les services de la collectivité pour compenser le vieillissement et stopper l'épuisement.
  • Le remplacement sans délai de toutes les absences et la pérennisation des emplois précaires.
  • Des moyens réels pour l'accueil des jeunes : des établissements rénovés, chauffés en hiver et vivables en été, entretenus et dotés du personnel nécessaire pour garantir un climat scolaire apaisé.

Le Président Leroy dit « croire en nous ». Qu'il commence par écouter ses agents. Si les commentaires sous sa vidéo ont vite disparu, le malaise des équipes, lui, reste bien présent.

Dans sa déclaration liminaire lors de la séance du Comité Social Territorial du 1er octobre dernier, la CGT a demandé à rencontrer le Président Franck Leroy afin de lui remettre la pétition pour une prime pouvoir d’achat qui a recueilli 2600 signatures d’agents de notre collectivité.

Au vu de la situation économique gravissime à laquelle nous devons faire face, sans réponse de sa part, nous avons réitéré notre demande de rencontre par courrier.

« La parole c’est bien, les actes c’est mieux. »

A l’heure où nous publions cette lettre mensuelle, nous n’avons toujours pas reçu de réponse. La parole c’est bien, les actes c’est mieux.

La CGT appelle l'ensemble des agents du Conseil Régional à ne pas se résigner. Nous porterons ces exigences fermement lors des prochaines instances paritaires.

Pour défendre nos conditions de travail, nos missions et notre dignité : organisons-nous, syndiquons-nous, faisons entendre la voix du terrain !

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