A entendre certains nous aurions mangé notre pain blanc.
Vous entendez l’injonction qui nous est faite ? Encore un effort ! Des efforts encore et toujours !
Au nom de quoi faudrait-il renoncer à une retraite digne, à des soins de qualité, à une école émancipatrice, à des salaires décents, à la sécurité sociale, aux associations d’éducation populaire, à une culture accessible financièrement, à des EPHAD qui ne soient pas des mouroirs, à des crèches où l’on respecte les enfants, etc. ?
Nous avons déjà fait des efforts, nous avons déjà renoncé à beaucoup de choses. Jusqu’où nous demande-t-on d’aller ?
Faut-il, comme certaines organisations nous y invitent, négocier les conditions d’abandon de ce qu’il nous reste ?
Quand les riches et leurs laquais en auront terminé avec tous les conquis sociaux, nous, les employés et les ouvriers, qui représentons 60% de la population française, n’auront plus rien à défendre.
Les temps du chacun pour soi pourront totalement advenir pour la plus grande joie de tous les laquais du capital et de leurs amis prédateurs. Ce sera la porte ouverte à toutes les misères.
Quel est donc le projet de société auquel nous sommes conviés ?
Il semble bien que la classe dominante et dirigeante cherche des boucs émissaires afin de se décharger de sa responsabilité accablante dans la gestion désastreuse des affaires communes.
A la CGT nous ne sommes pas seulement des syndicalistes corporatistes exclusivement occupés à défendre nos intérêts de fonctionnaires territoriaux. Si nous n’étions que cela alors nous ne serions pas si différents du MEDEF et des accapareurs qui nous dirigent et nous gouvernent très occupés à défendre leurs intérêts stricts.
A la CGT il y a autre chose, nous sommes en lutte pour une société plus juste. Nous sommes en lutte comme nos prédécesseurs qui ont lutté contre le travail des enfants, pour raccourcir la semaine de travail, pour réduire la durée quotidienne de travail, nous sommes en lutte à la suite du camarade Ambroise Croizat qui créa le régime général de sécurité sociale qu’on veut nous enlever aujourd’hui.
La CGT est en lutte contre :
- Les coupes budgétaires dans la santé, les hôpitaux, les EHPAD alors que nous sommes 25 millions à vivre dans des déserts médicaux et que 28 000 lits ont été fermés depuis 2017
- Le déremboursement des soins
- La hausse du prix des mutuelles suite aux choix gouvernementaux
Nous sommes en lutte contre les orientations politiques qui font que :
- 4 personnes meurent chaque jour au travail et 2000 sont blessées, la France est championne d’Europe
- Le taux de mortalité infantile est supérieur à la moyenne de l’Union européenne (plus de 4 enfants de moins d’un an sur 1000 meurent tous les ans en France, 2700 enfants en 2024). Nous sommes au même rang que la Roumanie, la Pologne, la Croatie, la Slovaquie et la Lettonie
- Plus de 50 morts par an lors d’interventions de forces de l’ordre (14 fois plus que la Hongrie par exemple). Nous sommes sur ce sujet dans le peloton de tête en Europe
- L’industrie représente désormais moins de 10% de l’activité économique nationale après la vente des fleurons de l’industrie française depuis 2015 (Alstom, Arcelor, Pechiney, Sanofi, etc.). Par exemple, en dix ans, les Etats-Unis se sont offerts plus de 130 milliards de dollars de fleurons français, les groupes américains ont racheté plus de 1.570 entreprises tricolores.
Quand les faits contredisent à ce point les discours de nos dirigeants et gouvernants cela a un nom, cela s’appelle de la perversion. Nous sommes dirigés par des hommes et des femmes qui ne pensent pas un mot de ce qu’ils nous disent.
Il s’agit uniquement de nous faire tenir tranquilles, de gagner du temps et de nous faire avaler des couleuvres.
Et vous qu’en dites-vous ? Vous voulez vous tenir tranquille ou lutter avec nous ? La CGT ne cèdera pas que ce soit au niveau national ou au niveau local. Nous ne négocierons pas la reddition de nos droits essentiels. Nous ne mangeons pas de ce pain-là. Notre ADN c’est la justice sociale et rien d’autre.
Notre nombre sera notre force, venez lutter avec nous.
