22 mars 2018

Metz, le 20 février 2018

Monsieur Jean ROTTNER

Président du Conseil Régional

Grand Est

OBJET : PREAVIS DE GREVE POUR LA JOURNEE DU 22 MARS 2018

Monsieur le Président,

Par la présente, la CGT dépose un préavis de grève couvrant l’intégralité des personnels du Conseil Régional Grand Est pour la journée du 22 mars 2018 de 0h00 à minuit.

Les salariés, retraités, privés d’emplois, jeunes et fonctionnaires subissent des attaques sans précédent de la part du Président Macron et du gouvernement Philippe.

La CGT ne restera pas sans se battre. Les droits des salariés et nos services publics, gagnés par la force de nos luttes permanentes ne disparaitront pas d’un trait de plume. La CGT en appelle à l’ensemble de celles et ceux qui subissent au quotidien ces attaques afin que nous relevions la tête collectivement.

Notre pays est riche, la répartition de cette richesse, produite par les salariés n’a jamais été aussi mal répartie. L’extrême minorité des plus riches ne cessent de s’enrichir (la France compte 39 milliardaires qui à eux seuls cumulent 245 milliards de dollars et ont vu leur gain financier grimper de 21% en 1 an), les actionnaires encaissent des milliards d’euros, et dans le même temps notre pays compte 8 millions de pauvres, 4 millions de chômeurs, et ce sont des milliers d’emplois qui continuent d’être détruits alors que les gains de productivité augmente. Mais, ensemble, nous pouvons inverser ces choix et gagner du progrès social.

La fonction publique est sur la première ligne de front d’attaque du gouvernement. Ce sont 120.000 emplois qui sont prévus de disparaître, dont 70.000 dans la territoriale. Ce sont donc des missions publiques en moins qui seront assurées. Les attaques contre le statut sont le moyen pour le gouvernement d’en finir au plus vite avec ceux qui font vivre le service public, nous, les fonctionnaires. Le but n’est même pas caché : faire entrer la « culture de l’entreprise », nous privatiser, non pas parce que nous aurions démérités mais bien pour faire entrer la manne financière que nous représentons dans les caisses des spéculateurs boursiers. Place au fric. Finie la neutralité. Finie l’égalité. Fini le service public.

La CGT appelle l’ensemble des agents à se battre et à se mobiliser.

A la Région Grand Est nous ne sommes pas en reste, loin de là. Nous ressentons dans notre quotidien toutes les implications de la déclinaison de la vision libérale du travail : même si un certain nombre d’efforts ont été faits en matière de déprécarisation et au respect de la mobilité non forcée), il n’en demeure pas moins que les agents font l’objet d’une réorganisation sans fin. Ils doivent faire face à une dérégulation du travail, à un manque de personnels en devant assurer la continuité des de leur mission de service public…), mobiles (parfois plusieurs postes de travail). Nous devons également pallier au manque de personnel avec la surcharge de travail, tout cela sans aucune reconnaissance ni dans son déroulé de carrière ni dans son salaire ! La CGT dit STOP !

Le préavis de grève ouvrant par obligation une négociation avec notre employeur, nous listons nos revendications urgentes pour améliorer nos conditions de travail :

Non application de la mise en place du jour de carence : nous demandons à ce que notre collectivité en appelle à « la libre administration des collectivités » afin de ne pas appliquer cette mesure injuste et stigmatisant les malades !
L’arrêt de toutes procédures consistant à se baser sur le mérite (notion indéfinissable de manière objective !) pour les promotions et primes
Le retour au quota et ratio à 100% pour les avancements de grade. Ça suffit de faire des économies sur la carrière des agents (dernier ration pris en compte 28% maxi),
La tenue des CAP sur un calendrier ne lésant pas les agents : une CAP en juin et une CAP en janvier
L’augmentation du point d’indice
La suppression du RIFSEEP et l’intégration des primes dans le salaire
L’accès à un ordinateur pour tous les agents et à être formés à son utilisation ! les agents du service général dans les lycées ne sont pas des sous-agents, ils doivent avoir les mêmes droits d’accès aux informations sur leurs boîtes professionnelles, sur leur temps professionnel.
La suppression immédiate des QCM dans le cadre de la mobilité en interne.
La réduction du temps de travail avec le passage aux 32h ou tout au moins prendre les dispositifs les meilleurs des trois anciennes Régions (mesures créatrices de plus de 2 millions d’emplois dans notre pays) dans le cadre de la négociation de la prochaine directive liée à l’harmonisation du travail.
Création de la directive liée à l’amélioration des conditions de travail.
L’harmonisation des mutuelles Santé et Prévoyance avec des contrats labellisés permettant l’accès à toutes et tous à la participation financière de l’employeur.
La mise en place d’un Comité d’Activités Sociales et Culturelles élu par les agents et pour les agents, avec à minima des moyens identiques à ceux qui existaient en Champagne-Ardenne.

L’attaque étant globale, la réponse doit l’être aussi. Déjà des dizaines de professions ont déposé pour le 22 mars des préavis de grève et se retrouveront, chacun sur leurs revendications communes, pour gagner le progrès social. Ensemble nous sommes plus forts.

Le Secrétaire Général,

Pour le Syndicat CGT des personnels

du Conseil Régional Grand Est

Pascal KOEHLER

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *